Les aliments à ne jamais mettre dans votre compost et pourquoi

Les agrumes accélèrent l’acidité du compost, ralentissant la décomposition de la matière organique. Les produits laitiers introduisent des risques sanitaires, favorisant le développement de bactéries indésirables et de nuisibles. Certaines coquilles de fruits de mer persistent intactes pendant plusieurs saisons, résistantes à l’action des micro-organismes. Même en petites quantités, la viande et le poisson dégradent l’équilibre du tas, attirant rongeurs et insectes indésirables. Ces choix, souvent méconnus, compromettent la qualité finale du compost et exigent une attention particulière lors de la sélection des déchets.

Pourquoi certains aliments posent problème dans le compost ?

Tout ce qui finit dans le compost ne se transforme pas à la même vitesse ni avec la même efficacité. Certains apports ralentissent la décomposition ou contrarient le travail patient des micro-organismes responsables de la transformation. Introduire produits laitiers, viandes ou poissons dans le bac, c’est ouvrir la porte aux odeurs persistantes et à une invasion de nuisibles : rats, rongeurs et insectes s’y invitent sans tarder.

Déposer des matières grasses ou des huiles de cuisson dans le compost ne fait qu’ajouter au désordre : une pellicule se forme à la surface, coupant l’oxygène et asphyxiant la faune microscopique. Résultat : la fermentation prend le dessus, la décomposition devient anarchique. Les restes de repas cuits, souvent trop gras ou salés, causent les mêmes dérives.

Dans un autre registre, certains déchets semblent indestructibles. Les fruits à coque, les noyaux ou les coquillages résistent au temps : il n’est pas rare de retrouver ces morceaux intacts après de longs mois. Côté agrumes, leur acidité perturbe l’équilibre bactérien, pourtant indispensable pour bien transformer les déchets organiques.

Déposer os, arêtes ou excréments d’animaux domestiques dans le compost revient à y introduire des pathogènes coriaces : Salmonelle, Listeria, E. Coli peuvent survivre et rendre le compost inutilisable pour le jardin. Sur le plan des matériaux, certains sacs biodégradables, sachets de thé ou filtres à café synthétiques résistent à la dégradation et nuisent à la qualité de ce que vous obtiendrez.

Pour mieux cerner les déchets à surveiller, voici quelques exemples à garder à l’esprit :

  • Déchets traités aux pesticides : ils contaminent le compost et, à terme, les sols sur lesquels il sera utilisé.
  • Cendres de barbecue : riches en substances indésirables, elles mettent à mal la microfaune.
  • Feuilles de rhubarbe : leur teneur élevée en oxalates agit comme un insecticide naturel, mais au détriment de la diversité biologique du compost.

Liste des aliments à éviter absolument pour un compost sain

Un composteur réclame de la rigueur : certains déchets alimentaires le déséquilibrent et dégradent l’amendement récolté. Viande, poisson, produits laitiers, os et arêtes se retrouvent encore trop souvent dans les composteurs particuliers. Leur présence attire les rats, génère des odeurs persistantes et ralentit la décomposition globale.

Pain, gâteaux, biscuits et sucreries ne font qu’aggraver la situation : riches en sucres, ils attirent rongeurs et favorisent la prolifération de micro-organismes peu désirables. Les fruits à coque, noyaux et coquillages, eux, mettent un temps infini à disparaître et déséquilibrent le compost sur la durée.

Les matières grasses et huiles de cuisson, en s’accumulant, étouffent l’activité microbienne. Les agrumes, en modifiant l’acidité du tas, doivent rester occasionnels et toujours découpés en petits morceaux. Excréments d’animaux domestiques et litière de chat (sauf indication contraire) sont à exclure, sous peine d’introduire des pathogènes coriaces.

Pour clarifier, voici plusieurs catégories de déchets à écarter :

  • Sacs biodégradables, couches, sachets de thé ou filtres à café non certifiés compostables : ces éléments persistent et altèrent la qualité du compost final.
  • Feuilles de rhubarbe, feuilles vernissées, cendres de barbecue, déchets issus de cultures traitées : ils contiennent des substances toxiques ou difficilement assimilables qui diminuent la valeur du compost.
  • Restes de repas cuits, aliments trop salés ou épicés : ils déséquilibrent la flore microbienne et attirent rapidement des animaux indésirables.

Table de cuisine avec déchets non compostables et compostage propre

Conseils pratiques pour composter de façon responsable et éviter les erreurs courantes

Composter réclame attention et régularité. Il faut maintenir un équilibre entre déchets verts (épluchures de fruits et légumes, marc de café, tontes récentes) et déchets bruns (feuilles mortes, carton non traité, coquilles d’œufs finement broyées). Ce duo nourrit les micro-organismes et accélère la transformation. Un compost bien mené dégage une chaleur agréable et reste inodore : c’est le signe d’un processus vivant et efficace.

Ne tassez pas les matières : laissez circuler l’air. Mélangez régulièrement pour favoriser une décomposition homogène. Placez votre composteur à l’abri des intempéries et du soleil direct, afin de conserver une humidité favorable. Les coquilles d’œufs et le marc de café enrichissent le compost, mais à petites doses : trop en mettre ralentit la décomposition.

Depuis la mise en place de la loi AGEC, chaque foyer doit trier ses biodéchets. Si le jardin manque à l’appel, il reste possible de se tourner vers des points de collecte municipaux ou d’intégrer un compost collectif. Pour les restes de repas cuits ou d’origine animale, la méthode Bokashi s’avère une alternative efficace : cette technique de fermentation sans oxygène permet de gérer autrement les déchets difficiles.

Quelques gestes simples suffisent à assurer la bonne santé du compost et à garantir une terre fertile pour longtemps. L’attention portée à chaque apport, la régularité du brassage et le respect des équilibres naturels transforment de simples déchets en une ressource précieuse. D’un geste quotidien, on prépare déjà la prochaine récolte.

Ne ratez rien de l'actu